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La vitesse

Les limitations de vitesse sont loin de recueillir l'approbation des conducteurs européens : ils sont à peine 6 sur 10 (contre 9 sur 10 pour la ceinture et l'alcool) à les considérer comme des mesures susceptibles d'améliorer la sécurité routière, donc respectables. Un grand nombre de conducteurs déclarent aimer conduire vite. Un problème majeur pour la sécurité.
 
Les conducteurs déclarant dépasser les limites de vitesse sur différents types de routes
 
Pour cent
Autoroutes
Routes principales
Routes de campagne
Agglomérations
Allemagne
18
16
15
7
Autriche
19
12
13
7
Belgique
19
15
13
12
Espagne
30
16
9
7
Finlande
14
14
12
7
France
22
18
13
8
Grèce
38
22
19
7
Irlande
18
14
6
4
Italie
23
23
13
11
Pays-Bas
27
21
12
8
Portugal
48
31
21
15
Royaume-Uni
29
19
10
6
Suède
34
27
12
3
Union Européenne
24
19
13
8
Hongrie
15
18
15
8
Pologne
16
19
17
9
Rép. Tchèque
17
15
10
6
Slovaquie
15
15
12
9
Slovénie
34
19
11
5
Suisse
23
15
15
2
 

Ainsi, les très sages conducteurs suédois ne résistent pas plus que les autres au "plaisir" de rouler vite sur les routes principales et les autoroutes (respectivement 27 et 34%), mais ils sont rares (3% seulement) à avouer dépasser les limites en agglomération. Une tendance à peu près générale pour l'ensemble des pays européens... qui s'aggrave dans certains pays, tel le Portugal où 31 et 48% des conducteurs avouent dépasser les limites sur routes principales et autoroutes, contre "seulement" 15% en agglomération.

 

Un paradoxe français

Disons le d'emblée : en ce qui concerne le dépassement des limites de vitesse, les conducteurs français ne sont ni pires ni meilleurs que leurs voisins : ils sont juste dans la moyenne européenne et cela pour tous les types de routes. 
Cela dit, la France se distingue tout de même sur ce chapitre dans la mesure où elle est le pays d'Europe où "conduire très vite" est le moins souvent considéré comme cause d'accidents : ils ne sont que 66% à l'admettre, contre une moyenne de 79% pour l'ensemble de l'Union. Ce sentiment est peut-être dû, en partie, à la bonne qualité générale des routes... On peut le supposer si l'on compare leur réaction à celle des Irlandais et des Grecs. Eux qui ont des routes dont l'état laisse à désirer approuvent en effet l'assertion "vitesse = risque d'accident" à 93 et 94% ! 
Les Français, relativement nombreux à avouer "aimer conduire vite" (11% contre 9% pour la moyenne européenne, soit une augmentation de 3 points entre 1991 et 1996), sont encore plus nombreux à reconnaître qu'ils roulent plus vite que les autres (28%, contre 14% d'Espagnols, 16% d'Allemands et 21% pour la moyenne de l'Union européenne). Bien entendu, ils se trouvent plutôt moins dangereux que les autres conducteurs... 
Le plus étonnant, dans ce contexte, c'est de voir la très forte adhésion de nos compatriotes à certaines contre-mesures : 66% se déclarent favorables à la réduction de la vitesse maximale des véhicules (c'est même le taux le plus élevé). De même, ils approuvent l'idée d'un limiteur de vitesse (à 68%) et des restrictions publicitaires (61%).  
Comment expliquer cet apparent paradoxe ? Peut-être par une volonté des conducteurs de renvoyer les constructeurs et les pouvoirs publics à leurs responsabilités : puisqu'"ils" ne nous autorisent pas à dépasser certaines limites, alors qu'"ils" ne nous offrent pas sur un plateau tous les moyens et les incitations à le faire ! En tout cas, un sujet qui mérite réflexion... 
 
 
 

Profils

Qui sont ces 42% des conducteurs européens hostiles aux limitations de vitesse sur autoroute ? Les enquêtes semblent montrer qu'ils ne correspondent pas à un profil social très spécifique. En tout cas, ils ne se recrutent pas seulement dans les rangs de la classe dirigeante et des possesseurs de voitures puissantes, pour qui la vitesse est une valeur sociale et économique très forte, et le temps, une donnée précieuse. On les trouve aussi dans les rangs des ouvriers : par le biais de voitures d'occasion, ils utilisent la vitesse comme moyen de participer au progrès technique et de récupérer une dimension symbolique propre à la classe dirigeante.  
En fait, les seuls qui adhèrent volontiers et complètement à la réglementation sont les femmes non actives et les retraités... 
 

Commentaires

Les données recueillies par ces enquêtes sur la vitesse font apparaître des différences d'un pays à l'autre et des évolutions plus ou moins favorables. Leur confrontation permet d'identifier des exemples de meilleures et de moins bonnes pratiques. Des enseignements potentiels pour les pays les moins performants sur la manière d'améliorer leurs résultats. que l'on peut regrouper en quelques points forts :