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SARTRE 2


Les risques routiers tels qu'ils sont perçus par les automobilistes

Globalement, le risque routier semble assez peu préoccuper les Européens, et en tout cas moins en 1996 qu'en 1991. Un phénomène qu'il faut sans doute rapprocher de la montée spectaculaire, dans ces années là, d'une nouvelle peur : celle du chômage.

Vous sentez-vous préoccupés par les accidents de la route, le chômage ?
(cumul des réponses très et plutôt en %)

 
ACCIDENTS DE LA ROUTE
CHÔMAGE 
 
91-92 
96-97
91-92 
96-97
ALLEMAGNE 82,7 72,1 39,1 86,8
AUTRICHE 81,9 72,6 86,7 82,8
BELGIQUE 83,8 87,9 46,9 79,1
ESPAGNE 93,1 91,0 87,4 95,4
FRANCE 90,7 89,5 58,9 90,4
IRLANDE 93,8 95,4 77,3 90,8
ITALIE 80,3 85,5 28,6 86,3
PAYS-BAS 80,0 75,8 42,4 70,6
PORTUGAL 93,0 92,7 54,5 91,7
SUÈDE 57,4 50,7 28,0 76,9
ROYAUME UNI 94,2 88,6 71,4 83,4
HONGRIE 77,5 86,3 72,1 79,5
REP. TCHÈQUE 68,1 80,6 48,2 38,3
SLOVAQUIE 74,0 86,6 55,9 70,3
SUISSE 80,6 68,3 27,7 83,4

 

Confirmant ce sentiment, les conducteurs estiment que conduire une voiture n'est pas un acte dangereux. Reste que cette conviction "fond" quelque peu lorsque l'un des membres de leur famille se trouve sur la route : 1 sur 5 avoue alors être "très inquiet"...
Ce n'est un paradoxe qu'en apparence : une majorité d'entre eux considèrent leur conduite moins dangereuse que celle des autres !
Cela dit, ils se montrent assez lucides sur les principales causes d'accidents de la route, reconnaissant que les facteurs humains jouent plus souvent un rôle dans les accidents que les facteurs liés à la route ou ceux liés aux véhicules. Parmi ces facteurs, ils placent en tête "boire et conduire" (85%), "conduire trop vite" (79%), "suivre de très près" (74%), "la fatigue" (71%). Les mauvaises conditions météorologiques, le mauvais entretien des routes ou l'état défectueux du véhicule n'arrivent qu'ensuite.


Il est intéressant de noter des évolutions, dans ce registre, entre SARTRE 1 et SARTRE 2. Ainsi, les conducteurs européens sont plus nombreux aujourd'hui qu'hier à juger la vitesse et la fatigue comme de sérieux facteurs de risque. Bien sûr, des nuances assez sensibles de perception des risques existent selon les pays. Par exemple, l'état défectueux du véhicule (pneus lisses, éclairage déréglé, etc.) obtient un score très élevé comme facteur de risque en Espagne ou en Grèce, alors qu'il est bas en Allemagne, en Suède ou en Autriche. Les conducteurs français, notamment, ont tendance à le considérer comme une cause d'accident bien plus importante qu'elle ne l'est en réalité.


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