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Particularités françaises

Les conducteurs français seraient-ils plus solidaires entre eux (contre les forces de l'ordre) que les autres ? C'est vrai en tout cas sur un point : en cas de contrôle inopiné de la vitesse par la police, ils sont les plus nombreux à prévenir les autres automobilistes (33% disent faire des appels de phares). Les Grecs et les Portugais font un peu "moins bien" et les Italiens ne sont que 24% à se prêter à ce petit jeu ! Voilà de quoi remettre en cause quelques idées reçues...

1.1 Spécificités socio-démographiques

Les conducteurs français interrogés sont en moyenne plus âgés que l’ensemble des Européens, et ont une expérience plus longue de la route.

Ils ont arrêté l’école un peu plus tôt que la moyenne européenne.

On y trouve une plus grande proportion de retraités, de chômeurs, de femmes, de ruraux ainsi que de personnes vivant en couple. Les facteurs précédents sont liés au critère d’âge des automobilistes en France.

Les conducteurs français vivent en moyenne dans des villes beaucoup plus petites, dans des foyers de plus petite taille.

1.2 Réponses les plus caractéristiques

Les Français sont plus nombreux à estimer que les constructeurs ne devraient pas pouvoir faire de publicité axée sur la vitesse des voitures.

36% des conducteurs français sont très favorables à interdire aux constructeurs de faire de la publicité sur la vitesse des voitures (contre 20% pour l’UE et 14% en moyenne européenne). Pour comparaison ils sont respectivement 12% au Royaume-Uni et 16% en Allemagne.

Cela semble un résultat de l’accord passé entre les pouvoirs publics et les constructeurs au début des années 90.

Ils sont plus nombreux à être opposés à ce que les sanctions en cas d’infraction soient plus sévères.

12% sont totalement opposés à des sanctions plus sévères en cas d’infraction (contre 6% en UE et 5% en moyenne européenne). 2% chez les Anglais et 5% chez les Allemands.

Les conducteurs français sont plus nombreux qu’en Europe à se sentir très concernés par les accidents de la route.

47% sont très préoccupés par les accidents de la route (contre 39% en UE et 41% en moyenne européenne). 47% au Royaume-Uni et 28% en Allemagne.

Ce capital de préoccupation plus élevé est encourageant une bonne partie des conducteurs français sont mobilisables.

Ils sont plus favorables qu’en Europe à ce que dans l’avenir, les pouvoirs publics accordent plus d’importance aux motocyclistes, aux cyclistes, aux piétons, et aux conducteurs de camions.

très favorables aux

France

UK

D

UE

Europe

motocyclistes

51%

35%

34%

37%

35%

cyclistes

63%

51%

46%

50%

50%

piétons

60%

59%

42%

51%

50%

camions

47%

41%

40%

42%

41%

Confirmant l’item précédent, on trouve là un soutien plus large des automobilistes français en faveur d’un rééquilibrage du traitement des différents modes de transport en faveur de modes intrinsèquement plus sûrs, bien que ce sont plutôt les trajets qui comptent.

Au sujet de l’alcool au volant

Ils sont plus favorables que les Européens à un éthylomètre dans la voiture pour vérifier si l’on a trop bu.

71% des Français interrogés sont favorables à la présence d’un éthylomètre pour se tester soi-même dans la voiture (contre 46% en UE et 47% en moyenne européenne). Au Royaume-Uni 50% et en Allemagne 22%.

Les conducteurs français sont plus nombreux à penser que chacun devrait pouvoir décider ce qu’il peut boire avant de conduire.

34% sont favorables à laisser chacun libre de décider ce qu’il peut boire avant de conduire (contre 16% dans l’UE et 13% en moyenne européenne). Contre 3% au Royaume-Uni et 8% en Allemagne.

A travers les deux point précédents perce l’idée que chez les Français, les résultats dans le domaine de l’alcoolémie au volant doivent être entretenus étayés soutenus pour l’acquis autant que développés pour ce qui ne l’est pas.

A propos des facteurs d’accidents

Les conducteurs français sont plus nombreux qu’en Europe à estimer que les accidents de la route sont très souvent causés par des problèmes techniques (direction, pneus, freins, éclairage) et à un degré moindre par des erreurs humaines (drogue, alcool au volant...).

La tendance est à minimiser l’erreur humaine, les conducteurs français se voient en très bons conducteurs, la faute étant imputée à la technique.

Les Français au volant ont tendance à minimiser la vitesse en tant que facteur d’accident.

Ils sont moins nombreux à affirmer que la vitesse est, toujours ou souvent, un facteur d’accident (38% contre 50% dans l’UE et 53% en moyenne européenne). Avec 61% chez les Anglais et 47% chez les Allemands.

La sous-évaluation du rôle de la vitesse est préoccupante en général et plus encore chez nos compatriotes. Les Britanniques sont sur ce point bien plus avisés. Un grand travail d’éducation et de conviction à développer

A propos de la vitesse et du comportement des conducteurs sur la route

Les conducteurs français ont été moins souvent sanctionnés pour excès de vitesse que l’ensemble des Européens, et s’attendent moins à un contrôle.

91% des Français n’ont pas eu d’amende ou de sanction pour excès de vitesse au cours des 3 années précédant l’enquête (contre 82% dans l’UE et 81% en moyenne européenne). Avec 93% au Royaume-Uni et 68% en Allemagne.

seulement 12% s’attendent à un contrôle radar (contre 17% dans l’UE). Avec 30% au Royaume-Uni et 20% en Allemagne.

La pression ‘anti vitesse excessive’ sur les conducteurs en France ne semble pas très forte d’après ces chiffres. On peut supposer que l’effet dissuasif y est bien moindre que chez nos voisins.

Les conducteurs français font plus souvent des appels de phares que les autres Européens pour signaler un contrôle de vitesse.

55% des Français font, au moins quelquefois, des appels de phare pour signaler un contrôle de police (contre 40% dans l’UE). Les Britanniques sont 25% à le faire et les Allemands 48%.

On voit là l’aspect frondeur de nombreux français qui ne reconnaissent pas le bien fondé de l’action des forces de l’ordre en cas de contrôle des vitesse.

Opinions sur différents sujets

Ils sont plus nombreux à être favorables à un système de contrôle permettant de maintenir les distances de sécurité, ainsi qu’à un dispositif aidant à ne pas dépasser les limites de vitesse.

80% sont favorables à un système permettant de maintenir automatiquement les distances de sécurité (contre 67% dans l’UE et 66% en moyenne européenne). Ils sont 75% parmi les Britanniques et 54% parmi les Allemands.

67% sont favorables à un dispositif à bord de la voiture aidant à ne pas dépasser les limites de vitesse (contre 57% dans l’UE et 56% en moyenne européenne). Contre 62% au Royaume-Uni et 43% en Allemagne.

On peut voir là deux manières d’éluder le problème de la maîtrise de la conduite, par le recours à des dispositifs techniques. Mais c’est aussi l’ouverture vers une acceptation de dispositifs de contrôle embarqués. Le moindre intérêt allemand peut s’expliquer par l’absence chez eux de seuil de vitesse haut.

Les conducteurs français sont favorables à obliger les constructeurs à limiter la vitesse maximum des véhicules dans le contexte d’une ‘harmonisation européenne’.

66% sont favorables à obliger les constructeurs à limiter la vitesse maximum des véhicules (contre 54% dans l’UE et 48% en moyenne européenne). Ils sont 58% au Royaume-Uni et 40% en Allemagne.

Il semble que de nombreux conducteurs français seraient près à accepter cette restriction, mais à condition que tout le monde y passe. Égalité !

Les conducteurs français sont plus nombreux à déclarer être quelquefois agacés par les autres conducteurs.

83% sont d’accord avec la phrase : "Etre quelquefois agacés par les autres conducteurs" (contre 70% dans l’UE et 67% en moyenne européenne). On en trouve 74% chez les Anglais et 62% chez les Allemands.

Dans un contexte avec des taux assez élevés (où est le flegme anglais ?) les conducteurs français apparaissent comme les plus chatouilleux, partant peut-être aussi les plus agressifs. Là aussi l’éducation du civisme au volant a des progrès substanciels à faire.


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